Londres, trente ans plus tard
En septembre 1995, une Mexicaine se tenait sur Bruton Street, à Mayfair, devant la vitrine de la Roy Miles Gallery. À l’intérieur était accrochée son exposition. Le carton annonçait : New works by Susana Lezama.
Trente et un ans plus tard, en août 2026, elle apprenait qu’une de ses cartes postales venait d’arriver à Londres pour rejoindre la collection Winsor & Newton de cette année. Elle l’avait peinte sur un bloc qui lui avait été offert dans une boutique de fournitures d’art de San Miguel de Allende.
Entre l’une et l’autre, plus de cent expositions, sept pays et une vie entière passée à peindre avec de l’eau.
D’où elle vient
Elle a d’abord suivi une formation en décoration d’intérieur, puis le cursus d’Arts plastiques à l’École nationale des Arts plastiques — l’Academia de San Carlos de l’UNAM — qu’elle a achevé par un troisième cycle en restauration de peinture, dans ce même bâtiment. Elle sait comment se fait un tableau, et aussi comment l’on en sauve un.
L’aquarelle est venue ensuite, apprise auprès de maîtres : Manuel Arrieta, Roberto Vargas, Guati Rojo, Demetrio Llordén, Primo Vega, Alberto Zúñiga, Huáscar Taborga et Armando Melessio.
Ce qu’elle peint
Une femme portant un fagot de bois sur un chemin de terre. Doña Cuca accroupie, disposant ses nopals. Des figues de Barbarie mûres sur une raquette de cactus. Un épi de maïs s’ouvrant entre ses feuilles. Un agave planté face à la colline. Une vieille bicyclette appuyée contre un mur d’azulejos de Talavera.
Elle a exposé à Barcelone, à Londres, à San Francisco, à Fribourg-en-Brisgau, à Bâle et à La Havane, sans jamais cesser de peindre ce qui l’entoure.
Depuis un peu plus de vingt-cinq ans, Susana Lezama a fait du dessin le véhicule qui lui permet de traverser librement la vie et de s’enfoncer dans les rivières de l’aquarelle.Jorge Salazar
Le prix que lui ont décerné les autres peintres
En mars 1999, le concours Color, Agua y Papel réunissait plus de quatre cents aquarelles. Quatorze furent primées. Un prix distinct, le Maestro Edgardo Coghlan, récompensait la meilleure œuvre de tout le concours, avec une particularité : il n’était pas décerné par le jury, mais voté par les artistes primés eux-mêmes.
Il revint à Soltemos la carga : une femme marchant, un fagot de bois sur le dos.
Enseigner
En 2016, elle ouvrait un atelier d’aquarelle au Centre social de Paseos del Bosque. Le mercredi, de onze heures à treize heures. Qui enseigne la peinture l’apprend deux fois.
Parcours
- 1992Salon Torremangana, Cuenca, Espagne. Une de ses œuvres entre au Musée de Cuenca.
- 1995Exposition personnelle à la Roy Miles Gallery, Bruton Street, Londres. Consulat du Mexique à Barcelone.
- 1995Distinction Aquarelle du mois, Musée de l’Aquarelle de l’État de Mexico.
- 1995Doña Cuca y sus nopales en quatrième de couverture de Sélection du Reader’s Digest.
- 1996Swanson Fine Art Gallery, San Francisco. Sélectionnée par les Laboratoires Ciba pour le calendrier 1997.
- 1997Premier prix à la 140e Feria de las Flores de San Ángel.
- 1998Latin Gallery, Fribourg-en-Brisgau, Allemagne. Arte Latino, Bâle, Suisse.
- 1999Premier prix et Prix spécial Edgardo Coghlan pour Soltemos la carga.
- 2001Casa de México, Benemérito de las Américas, La Havane, Cuba.
- 2008Organise le 1er Grand Prix d’Aquarelle, Jardín del Arte.
- 2016Ouvre son atelier d’aquarelle au Centre social de Paseos del Bosque.
- 2026Sa carte postale rejoint la collection Winsor & Newton, Londres.